#GRÉGOIRE DELACOURT

 CV EXPRESS 


 ÂGE : 56 ANS 
 SIGNES PARTICULIERS : MA FEMME 
 TRAITS DE CARACTÈRE : PATIENT ET IMPATIENT À LA FOIS 

 

 

DANSER AU BORD DE L'ABÎME EN COMPAGNIE DE GRÉGOIRE DELACOURT, ET DE SES PERSONNAGES - DÉBORDANT D'HUMANITÉ ET DE QUESTIONNEMENTS -, EN REVIENT À SE POSER QUELQUES QUESTIONS FONDAMENTALES TANT À PROPOS DE L'EXISTENCE QUE DE LA MORT…



Grégoire Delacourt
 DANSER AU BORD DE L’ABÎME, C'EST LE RÉCIT D’UNE FEMME QUI 
 ABANDONNE TOUT, PRINCIPALEMENT POUR SE RETROUVER… 

Grégoire Delacourt : Depuis longtemps, j’avais envie d’écrire sur le désir. Pas le désir qui comble un vide, comme la faim, ou la solitude ; mais celui qui surgit quand on n’en a pas besoin, qu’on est déjà comblé. Celui qu’on n’attend pas et qui va bouleverser votre vie ou non, selon que vous déciderez d’y succomber ou non. Si on y va, on se défait de ce qui nous constitue (couple, enfants), on se retrouve soudain à nu, face à soi-même. Alors oui, il y a dans cet abandon au désir l’idée de se trouver soi. De se redécouvrir.

 EN FIL ROUGE DU RÉCIT, ON RETROUVE LA CHÈVRE DE MONSIEUR 
 SEGUIN
, UN CONTE MORAL ASSORTI D'UNE FORTE NOTION DE 
 PUNITION : LA CHÈVRE CHOISIT LA LIBERTÉ ET ELLE EN MEURT. 

Je ne suis pas d’accord sur l’idée de la morale punitive. Dans la version connue, expurgée donc, de La Chèvre de Monsieur Seguin, nous sommes sur une dialectique simple : si tu désobéis (aller dans la montagne), tu seras punie (le loup te mangera). C’est le même chantage que : si tu ne ranges pas ta chambre, tu seras privé de dessert. Là, on est juste dans un principe d’éducation idiot. Dans le texte original de Daudet, il s’agit d’un hommage à la liberté avec cette idée très forte que la liberté n’a de sens que si on peut la perdre (le loup). Mais surtout, la fable reconnaît à Blanquette (la femme) la liberté de définir elle-même la géographie de son désir, de tracer les lisières de sa sexualité (ne passe-t-elle pas deux heures dans les fourrés, avec un jeune chamois à pelage sombre?). C’est en cela que la lettre de Daudet est un texte puissant sur l’affranchissement des femmes, de leur droit à vivre la jouissance comme elles l’entendent. Et à propos de morale, souvenons-nous de cette phrase de Léo Ferré (de mémoire) : Ce qu’il y a de pénible dans la morale, c’est que c’est toujours la morale des autres.

 LE ROMAN PRÉSENTE UNE FORME DE TRIPTYQUE, DONT LA 
 PREMIÈRE PARTIE FONCTIONNE EN COMPTE À REBOURS, AVEC UN 
 STYLE À LA FOIS NARRATIF ET POÉTIQUE. VOUS AIMEZ MÊLER LES 
 GENRES ? 

Vu le sujet que j’abordais, il m’est très vite apparu que je n’étais pas dans un texte qui devait « avoir raison ». Chaque désir, chaque frisson, chaque coup de foudre, et leurs effets sur chacun sont des choses très intimes ; il n’était pas question que je présente les réactions d’Emma comme étant les seules possibles. D’où le recours à la poésie : cet art des mots qui soudain n’explique plus, mais fait ressentir, fait se soupçonner le monde. Quant au décompte des chapitres de la première partie, il correspond à l’idée que nous sommes en permanence en direction de quelque chose que nous ne savons pas (seul le romancier connaît la fin), ce point de bascule qui nous fait changer de direction. L’une des joies de la littérature étant l’analyse des conséquences, je trouvais plaisant de démonter la mécanique des choses – ce qui va arriver à Emma, et dérouter sa vie.

 EST-CE ÉVIDENT POUR UN ÉCRIVAIN DE SE PROJETER DANS LE CORPS 
 D'UNE FEMME ? 

Je ne sais pas pour vous ; pour moi, c’est une immense joie. Comme plonger dans un feu qui ne vous brûle pas.

 

 CE ROMAN EST GORGÉ DE DÉTAILS, DE RÉFÉRENCES AUX SENS, 
 AU CINÉMA, À LA MUSIQUE (OPÉRA OU POPULAIRE), AUX ÉLÉMENTS… 
 EST-CE UNE MANIÈRE D'IMPLIQUER AU MAXIMUM LE LECTEUR ? 

C’est surtout une façon pour moi de partager ce qui a nourri le livre, qui a rempli ma vie. J’aime échanger mes coups de coeur, mes passions. Les musiques, les livres, la peinture me constituent, et donc mes personnages. Je trouve belle l’idée de faire peut-être découvrir au lecteur des émotions nouvelles.

 DEPUIS PAS MAL D'ANNÉES, LE ROMAN INITIATIQUE SE RÉSUME TROP 
 SOUVENT À LA LITTÉRATURE ‘FEELGOOD’, PROCHE DU GUIDE DE 
 DÉVELOPPEMENT PERSONNEL. DANSER AU BORD DE L'ABÎME SE SITUE 
 DANS UNE TOUT AUTRE TRADITION… 

Oui. Mais j’ai envie de vous répondre par une phrase de Bernard Lehut, journaliste sur RTL qui disait : « Il y a un paradoxe Delacourt : C’est un conteur du malheur qui nous fait du bien ». Ça résume bien ce que j’ai essayé de faire.

 QUELLE EST EN FAIT VOTRE VISION DE LA VIE ? 

Elle est magnifique quoi qu'il arrive, je pense qu'on a une chance inouïe d'être vivants, d'être là. Je suis persuadé qu'on ne reviendra pas, et que du coup c'est totalement idiot de gâcher cette chance. Il faut en profiter à chaque seconde, malgré les drames, les tragédies. Je pense également que la colère, la haine, ça ne sert strictement à rien, sinon à nous grignoter, à nous métastaser de l'intérieur. Il faut éliminer tout ce qui nous fait du mal et ne garder que ce qu'il y a de beau. C'est un truc formidable d'être vivant, avec cette capacité d'aimer inouïe qui peut changer le monde, qui peut nous changer et nous rendre profondément heureux. Moi j'ai une vision très optimiste, très généreuse de tout ça. Maintenant, il y a beaucoup de gens qui n'aiment pas la vie.

 DU COUP, EST-IL IMPORTANT DE PRENDRE DES RISQUES ? 

Oui, il faut prendre des risques. Notamment celui d'être heureux, c'est un risque inouï. Et il ne s'agit pas toujours du bonheur conforme que l'on nous raconte dans les films, les livres, ou à travers l'histoire de nos familles. Il faut creuser plus profond, ne pas se contenter de ce qui est préétabli par la société. Il faut prendre des risques surtout pour se trouver soi, ça j'en suis persuadé. Maintenant on peut se contenter de quelque chose de ‘moyen’, je ne juge pas, mais du coup on loupe de grands frissons... 




[ MES LIVRES ET MOI ]
Roald Dahl, Kiss Kiss

MON LIVRE

DE CHEVET :

Kiss Kiss, de Roald Dahl.

Bonnie Nadzam, Lamb

LE LIVRE

QUI M'A LE PLUS TOUCHÉ :

Lamb, de Bonnie Nadzam.

Grégoire Delacourt, Danser au bord de l'abîme

LE LIVRE

QUE J'ADORE OFFRIR EN CADEAU :

Mon dernier (rires) !

Laura Kasischke, Esprit d'hiver

LE LIVRE

QUE J'AIMERAIS QUE L'ON M'OFFRE :

Le prochain Laura Kasischke.





à lire ou à relire...

 
 
 
 
 

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